Les grilles de taux du 12e programme des agences de l'eau se lisent agence par agence : aucun document publié ne les présente côte à côte. Un responsable environnement qui veut chiffrer le coût de l'eau sur ses installations doit donc ouvrir les sites de chaque bassin, recopier des tableaux qui n'ont ni le même périmètre ni la même unité, et constater au final que deux sites pourtant comparables ne paient pas la même chose. J'ai réuni ces grilles telles qu'elles sont publiées, pour dire ce que le 12e programme fait payer réellement.
Trois redevances portent depuis le 1er janvier 2025 sur la consommation d'eau potable et sur la performance des réseaux d'eau potable et des systèmes d'assainissement collectif ; les redevances prélèvement et pollution non domestique sont maintenues. Pour 2026, les taux de la redevance consommation s'échelonnent de 0,32 à 0,40 €/m³ selon le bassin, relevés le 6 octobre 2026 sur les sites des agences.
Ce que la réforme de 2025 a changé, et ce qu'elle a laissé en place#
Le socle est double. D'une part la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024, que les avis publiés au Journal officiel sur les délibérations tarifaires visent expressément. D'autre part le décret n° 2024-787 du 9 juillet 2024, qui modifie les dispositions relatives aux redevances des agences de l'eau. L'architecture qui en sort tient en quatre mouvements.
Premièrement, trois nouvelles redevances remplacent deux anciennes : la redevance de pollution domestique et la redevance de modernisation des réseaux de collecte sortent des grilles, au profit de la redevance sur la consommation d'eau potable, de la redevance pour performance des réseaux d'eau potable et de la redevance pour performance des systèmes d'assainissement collectif. Deuxièmement, les redevances pour prélèvement sur la ressource en eau sont maintenues dans leur principe, tout comme la redevance pour pollution de l'eau d'origine non domestique. Troisièmement, les primes pour performance épuratoire sont définitivement supprimées. Quatrièmement, la redevance sur la consommation d'eau potable n'est pas applicable à Mayotte.
Sur la redevance de modernisation des réseaux de collecte, une précision change la lecture de nombreux documents encore en ligne. Elle a disparu des grilles du 12e programme et ne survit plus que dans l'énumération de l'article L. 213-10 du code de l'environnement et dans le régime de transition. L'article D. 213-48-42-1 impose aux agences de transmettre au plus tard le 28 février 2026 l'état des restes à recouvrer des anciennes redevances domestiques, et la FAQ inter-agences confirme que celles-ci continuent de faire l'objet d'une déclaration jusqu'à extinction complète de ces restes. Autrement dit : on déclare encore des arriérés, on ne perçoit plus de taux neuf.
Reste le paramètre que personne ne peut contourner. Les tarifs appliqués varient d'une agence de l'eau à l'autre en fonction des décisions des conseils d'administration et des comités de bassin. C'est cette variabilité qui rend la comparaison utile, et c'est exactement ce que le point d'entrée sur les obligations eau en entreprise ne pouvait pas chiffrer, faute de grille agrégée.
Les trois redevances de la réforme : taux 2026 par bassin#
Voici la mise à plat. Chaque valeur est celle publiée par l'agence du bassin pour l'année 2026, relevée le 6 octobre 2026. Les grilles courent de 2025 à 2030, mais 2026 est la première année de paiement.
| Bassin | Consommation d'eau potable (€/m³) | Performance réseaux d'eau potable (€/m³) | Performance assainissement collectif (€/m³) |
|---|---|---|---|
| Rhin-Meuse | 0,40 | 0,12 | 0,38 |
| Rhône-Méditerranée-Corse | 0,39 | 0,06 | 0,09 |
| Loire-Bretagne | 0,32 | 0,10 | 0,28 |
| Artois-Picardie | 0,40 | 0,10 | 0,10 |
| Seine-Normandie | 0,34 | 0,148 | 0,356 |
Trois remarques de lecture, parce qu'un tableau de tarifs sans mode d'emploi égare plus qu'il n'instruit.
La première porte sur les trajectoires et non sur la photo de 2026. En Rhône-Méditerranée-Corse, les taux instaurés par la délibération n° 2024-25 du 4 octobre 2024 montent : la performance des réseaux d'eau potable passe de 0,05 €/m³ en 2025 à 0,21 €/m³ sur 2028-2030, et la performance de l'assainissement de 0,03 à 0,17 €/m³. En Seine-Normandie, à l'inverse, la performance assainissement bondit de 0,089 €/m³ en 2025 à 0,356 €/m³ dès 2026, sur des tarifs fixés par le conseil d'administration du 21 juin 2024 et le comité de bassin du 2 juillet 2024. En Rhin-Meuse, la délibération n° 2025/27, publiée au Journal officiel du 29 octobre 2025, s'applique depuis le 1er janvier 2026 et abroge à cette date les effets de la délibération n° 2024/22.
La deuxième porte sur les bornes légales. Le code de l'environnement plafonne le tarif de la redevance sur la consommation d'eau potable et celui des deux redevances de performance à un euro par mètre cube (articles L. 213-10-4 IV 2°, L. 213-10-5 IV A 2° et L. 213-10-6 IV A 2°). Les taux lus s'arrêtent à 0,40 €/m³, loin du plafond d'un euro. Surtout, l'article L. 213-10-7 I plafonne le produit des deux redevances de performance à 50 % des recettes prévisionnelles de la redevance sur la consommation d'eau potable : c'est cette contrainte qui explique qu'un bassin puisse muscler sa performance sans que le total s'envole.
La troisième porte sur l'assiette. La redevance performance assainissement ne s'applique pas aux systèmes de moins de 20 équivalents habitants (L. 213-10-6 I), et l'irrigation facturée sur comptage spécifique sort de l'assiette consommation dans la limite de 20 000 m³ par année civile (L. 213-10-4 III). Pour une entreprise qui dispose de son propre comptage d'arrosage, c'est la ligne à vérifier avant de contester une base de calcul.
Les deux redevances de performance ne sont pas des taux plats : elles sont modulées par des coefficients bornés par la loi. Côté eau potable, le coefficient de performance varie de 0 à 0,55 et celui de gestion patrimoniale de 0 à 0,25 (L. 213-10-5 IV B). Côté assainissement, l'autosurveillance pèse de 0 à 0,3, la conformité réglementaire de 0 à 0,2 et l'efficacité de 0 à 0,2 (L. 213-10-6 IV B). Le calcul se fait sur les données de performance de l'année N-2, d'où le décalage entre une année de travaux et l'année où elle se voit sur le montant. En 2025, la modulation était encore forfaitaire dans plusieurs bassins : 0,2 appliqué à toutes les collectivités en Seine-Normandie comme en Loire-Bretagne pour l'eau potable, et 0,3 en Loire-Bretagne pour l'assainissement, selon les pages de ces agences.
Ce que paie une entreprise qui prélève : les taux 2026 par usage#
La redevance pour prélèvement sur la ressource en eau obéit à l'article L. 213-10-9. L'agence y fixe un seuil en dessous duquel la redevance n'est pas due, seuil qui ne peut dépasser 10 000 m³/an pour un prélèvement en ressource de catégorie 1 et 7 000 m³/an en catégorie 2. Rhin-Meuse et Rhône-Méditerranée-Corse appliquent ces deux chiffres tels quels. Au-dessus, chaque bassin a ses taux, et l'unité diffère : la Rhin-Meuse exprime les siens en euros pour 1 000 m³, les autres agences en centimes d'euro par m³.
| Usage et catégorie | Rhin-Meuse | Rhône-Méditerranée-Corse | Loire-Bretagne | Artois-Picardie | Seine-Normandie |
|---|---|---|---|---|---|
| Refroidissement industriel, restitution supérieure à 99 %, catégorie 1 | 10,18 €/1000 m³ | 0,53 c€/m³ (zones A-B) | 0,54 c€/m³ | 0,540 c€/m³ | 0,54 c€/m³ |
| Refroidissement industriel, catégorie 2 en zone de répartition des eaux | 19,35 €/1000 m³ | 1,06 c€/m³ (zones C-D) | 1,08 c€/m³ | 1,080 c€/m³ | 1,08 c€/m³ |
| Autres usages économiques, catégorie 1 | 20,06 €/1000 m³ | 1,97 c€/m³ (zones A-B) | 3,16 c€/m³ | 4,701 c€/m³ | 2,006 c€/m³ en eau souterraine, 3,795 en eau superficielle |
| Autres usages économiques, catégorie 2 en zone de répartition des eaux | 153,99 €/1000 m³ | 3,93 c€/m³ (zones C-D) | 4,92 c€/m³ | 8,186 c€/m³ | 4,83 c€/m³ |
Le découpage en catégories n'est pas décoratif : il oppose les ressources ordinaires aux zones de répartition des eaux, et la Rhin-Meuse le pose expressément dans sa délibération. En Rhône-Méditerranée-Corse, le découpage est plus fin, avec quatre zones de tarification, la zone A étant définie comme la catégorie 1 pour les ressources en eau non déficitaires hors zone de montagne. Une même usine implantée de part et d'autre d'une limite de zone ne paie donc pas le même prélèvement.
L'hydroélectricité a son propre barème, en euros par million de m³ et par mètre de chute, avec un minimum légal de 0,71 et un maximum de 2,52 (L. 213-10-9 V B 2). Les taux 2026 lus s'inscrivent dans cette fourchette : 0,72 en Rhin-Meuse, 1,10 en Rhône-Méditerranée-Corse, 0,818 en Loire-Bretagne et 0,75 en Artois-Picardie. La délibération rhodanienne multiplie en outre ce taux par 1,5 hors fil de l'eau, conformément à l'article L. 213-10-9.
Deux obligations pratiques accompagnent ce volet, et elles se ratent souvent. Le comptage des prélèvements suppose d'informer l'agence avant le 31 décembre de l'année de réalisation de l'ouvrage, avec un délai de deux mois pour faire valider une impossibilité technique. Et au-delà d'un seuil fixé par l'agence, un acompte peut être mis en recouvrement, sans dépasser 60 % de la redevance calculée sur l'assiette de l'année précédente et les taux en vigueur. Le régime d'autorisation ou de déclaration qui précède ces obligations se détaille dans notre article sur la nomenclature IOTA.
Et si le rejet part directement dans le milieu naturel#
C'est le cas de figure le plus coûteux, parce que la redevance pour pollution de l'eau d'origine non domestique se calcule par élément de pollution et par kilogramme rejeté. Le tableau ci-dessous met les taux 2026 de quatre bassins en regard du plafond légal de l'article L. 213-10-2 IV, en euros par unité.
| Élément de pollution | Rhin-Meuse | Rhône-Méditerranée-Corse | Loire-Bretagne (zone 1 / zone 2) | Seine-Normandie | Plafond légal |
|---|---|---|---|---|---|
| Matières en suspension (€/kg) | 0,17 | 0,15 | 0,1437 / 0,1869 | 0,15 | 0,3 |
| DCO (€/kg) | 0,11 | 0,12 | 0,0958 / 0,1246 | 0,15 | 0,2 |
| DBO5 (€/kg) | 0,22 | 0,22 | 0,1917 / 0,2492 | 0,18 | 0,4 |
| Azote réduit (€/kg) | 0,39 | 0,35 | 0,3354 / 0,4361 | 0,6 | 0,7 |
| Phosphore total (€/kg) | 1,40 | 1,00 | 0,9584 / 1,2459 | 1,2 | 2 |
| Toxicité aiguë (€/kéquitox) | 12,10 | 12,00 | 15,27 | 15 | 18 |
| Substances dangereuses, eau superficielle (€/kg) | 6,11 | 6,00 | 8,14 | 8,3 | 10 |
| Substances dangereuses, eau souterraine (€/kg) | 16,30 | 16,00 | 16,6 | 16,91 | 16,6 |
| Composés halogénés adsorbables (€/kg) | 8,74 | 9,00 | 4,63 | 7 | 13 |
| Chaleur rejetée en rivière (€/MTh) | 44,15 | 20,00 | 61,08 | 60 | 85 |
L'écart avec le plafond légal est la vraie information de ce tableau. Sur les matières en suspension comme sur la DCO, plusieurs bassins votent nettement en dessous du maximum que la loi autorise ; sur les substances dangereuses, les taux 2026 lus vont de 6,00 à 8,30 €/kg en eau superficielle et de 16,00 à 16,91 €/kg en eau souterraine. La colonne Loire-Bretagne affiche deux valeurs parce que l'agence distingue deux zones de tarification, la zone 2 portant les valeurs les plus élevées sur les paramètres organiques. Attention à la colonne des maxima : le code les revalorise chaque année avec l'inflation (L. 213-10-1 A), et c'est ce plafond indexé que la Seine-Normandie applique au taux exact, 16,91 €/kg en 2026 pour les substances dangereuses en eau souterraine, là où le texte non indexé porte 16,6.
Une majoration, et elle est dissuasive : selon la page de l'agence de l'eau Seine-Normandie, le défaut d'agrément du suivi régulier des rejets entraîne une majoration de 40 % de l'assiette. Le lien avec les obligations de mesure et de déclaration des rejets industriels est direct, et il est traité dans le dossier RSDE. Pour un site raccordé au réseau collectif, la logique est différente : c'est la convention de déversement d'eaux usées industrielles qui fixe le cadre, et les redevances de performance vues plus haut s'appliquent au service, pas au rejeteur.
Les taux que les agences ne votent pas#
Un réflexe coûteux consiste à chercher ces taux dans la délibération du bassin. Ils sont nationaux, fixés par la loi, et identiques quel que soit le territoire.
| Redevance | Valeur nationale | Base légale |
|---|---|---|
| Pollutions diffuses, substances du 1° du II | 9,0 €/kg | article L. 213-10-8 III |
| Pollutions diffuses, substances du 2° | 5,1 €/kg | article L. 213-10-8 III |
| Pollutions diffuses, substances du 3° | 3,0 €/kg | article L. 213-10-8 III |
| Pollutions diffuses, substances du 4° | 0,9 €/kg | article L. 213-10-8 III |
| Pollutions diffuses, substances du 5° | 5,0 €/kg | article L. 213-10-8 III |
| Pollutions diffuses, substances du 6° | 2,5 €/kg | article L. 213-10-8 III |
| Élevage | 3 € par unité de gros bétail | article L. 213-10-3 IV 2° |
| PFAS | 100 € par hectogramme | article L. 213-10-2-1 V 2° |
Trois mécanismes d'accompagnement changent le montant final. Pour l'élevage, les seuils d'assujettissement sont de 150 UGB en zone de montagne et de 90 UGB ailleurs, avec un abattement de 40 UGB ; et le montant est multiplié par trois pour les élevages condamnés pénalement (L. 213-10-3 V). Pour les PFAS, une franchise s'applique sous 100 grammes rejetés par an, avec un abattement compris entre 50 % et 90 % lorsque l'épuration passe par un réseau de collecte, selon les performances des procédés employés. La redevance PFAS et la logique du pollueur-payeur détaillent cette assiette. Sur les engrais azotés, l'autre imposition qui touche l'agriculteur comme l'industriel de l'agroalimentaire se lit dans notre article sur la taxe sur les engrais azotés.
La redevance pour pollutions diffuses a une particularité administrative qui surprend les assujettis : elle est recouvrée pour toute la France par l'agence de l'eau Artois-Picardie, désignée pour l'établissement du titre des recettes. Le dossier se monte donc auprès d'une agence qui n'est pas celle du bassin.
Deux redevances restent peu variables et méritent une ligne. Le stockage d'eau en période d'étiage se heurte à un plafond de 0,01 €/m³ (L. 213-10-10 III) : la Rhin-Meuse et la Rhône-Méditerranée-Corse l'appliquent, la Loire-Bretagne retient 0,005 €/m³. La redevance pour protection du milieu aquatique se décline en cartes de pêche, avec des maxima légaux de 10 €, 4 €, 1 € et un supplément de 20 € (L. 213-10-12 II) ; les taux lus sont de 8,80 € par personne majeure pour une carte annuelle, 1,00 € pour la journée et 20,00 € de supplément. La carte à 3,80 € ne se compare pas directement d'un bassin à l'autre, et c'est un piège de lecture : sa durée de validité est de sept jours en Rhin-Meuse et en Loire-Bretagne, mais la délibération de la Rhône-Méditerranée-Corse écrit quinze jours consécutifs.
Le calendrier, qui explique pourquoi 2026 est l'année où l'on paie#
2025 a été la première année d'activité du nouveau dispositif, et les paiements de redevances aux agences de l'eau interviennent en 2026. L'obligation déclarative suit le rythme annuel : la déclaration se fait avant le 1er avril de l'année suivant celle au titre de laquelle les redevances sont dues (article L. 213-11). Les paramètres indexés sont revalorisés à compter du 1er janvier 2026 dans les conditions du chapitre II du titre III du livre Ier du code de l'environnement (L. 213-10-1 A), et la Rhin-Meuse annonce une indexation de tous ses taux à l'inflation selon les mêmes modalités de révision.
La durée de validité affichée des grilles mérite une lecture prudente. Une grille « 2025-2030 » ne vaut pas engagement sur six ans : les tarifs sont révisés chaque année par l'agence. L'Artois-Picardie l'écrit dans son avis au Journal officiel, en annonçant qu'elle déposera chaque année sur son site les tarifs applicables à chaque redevance, et sa page publique ne donne que 2026 et 2027. En Seine-Normandie, les colonnes 2027 à 2030 des pages de tarifs portent la mention « seront mis à jour ultérieurement » : pour cette agence, les taux 2026 sont les seuls taux de fin de programme effectivement publiés.
Côté encaissement, deux repères utiles. Les redevances de l'agence de l'eau sont réunies sur la facture sous la rubrique « Organismes publics », ce qui permet de les isoler du prix du service. Et pour les facturiers, un reversement trimestriel s'impose au-delà de 200 000 € d'encaissements non reversés. Les délibérations fixant les tarifs d'une agence sont publiées au Journal officiel et accessibles sur leurs sites : c'est là, et pas dans un résumé de presse, qu'il faut aller chercher la valeur opposable. Une entreprise qui conteste un montant a tout intérêt à remonter jusqu'à l'avis, la police de l'eau et ses sanctions montrant à quel point le dossier administratif se joue sur les pièces écrites.
Ce que ces redevances financent#
Une redevance n'est pas une taxe : Eaufrance en donne la définition officielle, un paiement effectué en échange d'un droit d'exploitation ou d'un droit d'usage d'un service. Concrètement, elle alimente les aides de l'agence, versées en subventions et en prêts, selon la page que la Rhin-Meuse consacre à ses redevances.
Sur le volume, les chiffres publiés restent locaux ou anciens. Le 12e programme Loire-Bretagne mobilise un budget d'intervention de 2,43 milliards d'euros pour 2025-2030, selon l'agence, qui a adopté ce programme le 15 octobre 2024. La même page rattache la trajectoire tarifaire au Plan « Eau » du 30 mars 2023, qui fixe une économie de 10 % des prélèvements d'ici 2030 et un renforcement des moyens des agences de 455 M€ annuels. Eaufrance, de son côté, documente la structure des recettes sur des données 2014 : plus de 2,3 milliards d'euros de redevances perçues cette année-là, dont 83 % au titre de la pollution et de la collecte et 17 % au titre des prélèvements, avec 88 % payés par les ménages, 8 % par les industriels et 4 % par les agriculteurs. À dater comme telle : c'est un point de comparaison, pas un état des lieux du 12e programme.
J'ai compilé ces grilles pour une veille réglementaire que je partage en interne, et l'exercice m'a laissé une conviction assumée mais discutable. Faut-il une grille nationale unique, plus lisible pour une entreprise implantée dans trois bassins, ou des taux votés par chaque comité de bassin, mieux ajustés aux ressources locales ? Je pencherais pour la seconde, puisque les textes eux-mêmes organisent la rareté par zones, mais l'objection de lisibilité ne s'écarte pas si facilement quand il faut budgéter cinq sites.
Questions fréquentes#
Quand paie-t-on les redevances du 12e programme ?#
2025 est la première année d'activité du nouveau dispositif, et les paiements aux agences de l'eau interviennent en 2026. La déclaration se fait avant le 1er avril de l'année suivant celle au titre de laquelle les redevances sont dues, selon l'article L. 213-11 du code de l'environnement. Les taux applicables au titre de 2026 ont été relevés le 6 octobre 2026 sur les sites des agences.
Une entreprise qui prélève peu est-elle redevable ?#
Pas forcément. L'agence fixe un seuil en dessous duquel la redevance pour prélèvement n'est pas due, dans une limite légale de 10 000 m³/an pour un prélèvement en ressource de catégorie 1 et de 7 000 m³/an en catégorie 2. La Rhin-Meuse et la Rhône-Méditerranée-Corse appliquent ces deux valeurs, ce qui signifie qu'en dessous du seuil voté par votre agence, la redevance n'est pas due.
Pourquoi deux sites comparables ne paient-ils pas la même redevance ?#
Parce que les tarifs appliqués varient d'une agence de l'eau à l'autre, en fonction des décisions des conseils d'administration et des comités de bassin. Sur la redevance sur la consommation d'eau potable, le taux 2026 est de 0,40 €/m³ en Rhin-Meuse et en Artois-Picardie, contre 0,32 €/m³ en Loire-Bretagne. S'y ajoutent les découpages internes au bassin : zones de répartition des eaux, quatre zones en Rhône-Méditerranée-Corse, deux zones en Loire-Bretagne.
La redevance de modernisation des réseaux de collecte existe-t-elle encore ?#
Non, plus en tant que taux perçu : elle a disparu des grilles du 12e programme, remplacée par les trois redevances issues de la réforme. Elle ne survit que dans l'énumération de l'article L. 213-10 et dans la transition. Les agences devaient transmettre au plus tard le 28 février 2026 l'état des restes à recouvrer des anciennes redevances domestiques, lesquelles restent déclarables jusqu'à extinction complète de ces restes.
Où voir les redevances agence sur une facture d'eau ?#
Les redevances de l'agence de l'eau sont réunies sur la facture sous la rubrique « Organismes publics ». Pour vérifier le taux appliqué, il faut chercher la délibération tarifaire de l'agence : elle est publiée au Journal officiel et accessible sur son site, l'Artois-Picardie annonçant une publication annuelle de ses tarifs.
Sources#
- Avis relatif à la délibération n° 2025/27 de l'agence de l'eau Rhin-Meuse, taux de redevances 2026-2030, consulté le 6 octobre 2026
- Avis relatif à la délibération n° 2024-25 de l'agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse, taux de redevances 2025-2030, consulté le 6 octobre 2026
- Avis relatif à la délibération n° 25-A-032 de l'agence de l'eau Artois-Picardie, consulté le 6 octobre 2026
- Les taux de redevances, 12e programme, agence de l'eau Loire-Bretagne, consulté le 6 octobre 2026
- Réforme des redevances 2025, agence de l'eau Seine-Normandie, consulté le 6 octobre 2026
- Redevance sur la consommation d'eau potable, agence de l'eau Seine-Normandie, consulté le 6 octobre 2026
- Redevance pour performance des systèmes d'assainissement collectif, agence de l'eau Seine-Normandie, consulté le 6 octobre 2026
- Redevance pour pollution de l'eau d'origine non domestique, agence de l'eau Seine-Normandie, consulté le 6 octobre 2026
- Redevance pour prélèvement activités industrielles, agence de l'eau Seine-Normandie, consulté le 6 octobre 2026
- Redevance sur la consommation d'eau potable, agence de l'eau Artois-Picardie, consulté le 6 octobre 2026
- Prélèvements sur la ressource en eau, agence de l'eau Artois-Picardie, consulté le 6 octobre 2026
- Tout comprendre de la réforme des redevances, Les agences de l'eau, consulté le 6 octobre 2026
- Code de l'environnement consolidé, articles L. 213-10 et suivants, consulté le 6 octobre 2026
- Repère « Redevances des agences de l'eau », Eaufrance, consulté le 6 octobre 2026
- Glossaire « Redevance », Eaufrance, consulté le 6 octobre 2026





